"Vous voulez les pauvres secourus - je veux la misère abolie"
Victor HUGO.

lundi 6 juin 2011

Des frappes par hélicoptères en Lybie ou la question du Jus ad Bellum/Jus in Bello.


Alors que l'Otan - qui intervient sur mandat du conseil de sécurité des Nations-unies - annonçait l'extension de sa mission en Libye pour 90 jours supplémentaires, nous apprenions que près de deux mois après le début de son intervention, et pour la première fois, des hélicoptères de combats venaient de prendre part aux hostilités contre le régime de Kadhafi. Liam Fox, le secrétaire à la défense britannique, déclarait, à l'occasion d'une conférence à Singapour, qu'il s'agit pour lui d'une évolution logique de l'intervention de l'Otan en Libye, et qu'il était important de montrer une volonté d'utiliser l'ensemble des moyens à disposition pour mettre à mal le système de commande et de contrôle de Kadhafi. 

Mais, alors que Monsieur Fox se montre prompte à justifier cette évolution des formes de combats sur des considérations militaires; et alors que la Russie s'inquiète d'un possible dérapage vers une opération terrestre qu'elle qualifie de "déplorable", soulevant la question du droit de faire la guerre, on constate que ce sont ici des craintes liées à l'implication des parties dans le conflit qui régissent le débat sur les moyens utilisés dans la guerre, et non des arguments visant à la protection des populations sur place. 

jeudi 19 mai 2011

L'humanitaire, un développement dans l'urgence.


Les deux associations françaises, "Première Urgences" (P.U) et "Aide médicale internationale" (AMI) annonçaient le 1er Avril dernier leur fusion au sein d'une seule et même organisation PU-AMI. Thierry Mauricet, le directeur général de cette nouvelle association expliquait, dans un entretien accordé au  siteweb Grotius.fr, les raisons de ce rapprochement, justifiées en partie par les besoins financiers d'AMI. En difficultés économiques et cherchant à donner un nouveau souffle à l'association, "Aide médicale internationale", de plus en plus tournée vers des activités de post-urgence/développement, c'était ainsi vue conseiller un rapprochement avec une structure d'urgence. Cette fusion, que PU-AMI qualifie d'inédite dans le milieu humanitaire-1, évoque chez moi la question plus large du lien et/ou de la frontière entre "humanitaire", post urgence et  développement.

-1. La fusion entre Atlas Logistique et Handicap International le 1er juillet 2006 constitue pourtant un précédant de taille.

Les terroristes et le droit humanitaire?

Alors que la question d'exécution extra-judiciaire se posait au lendemain de l'opération menée par les Etats-unis contre Ben Laden, le professeur de droit pénal Kai Ambos pousse plus loin l'interrogation, - dans un article du journal Le Monde - et se demande si l'occident se refuse aujourd'hui tout droit à la vie et aux droits de l'Homme à ses ennemies terroristes. 

Les questionnements et débats sur des points et des spécificités complexes juridiques ne faisant pas l'unanimité c'est pour lui, sur le plan philosophique que se pose la question. 

vendredi 29 avril 2011

Bibliographie Humanitaire.


Alors que le "Open data"1 est présentée comme la plus grande révolution du monde de la publication depuis Gutenberg, les commentateurs de l'humanitaire, décidément à la pointe de la modernité, ne sont pas en reste. On peut en effet trouver, sur le blog "Issues de secours", un texte intéressant qui tire des données communiquées par Google une rigolote petite analyse sur le lexique humanitaire. Le blog "l'humanitaire dans le texte", qui cherche à étudier les écrits sur le sujet, saute sur l'occasion pour se livrer à un petit exercice, à partir de données publiques, pour essayer d'approcher un peu plus la question des publications de nos auteurs humanitaires. 

samedi 16 avril 2011

Une dangereuse volonté d'améliorer le droit humanitaire ?

Le Los Angeles Times présentait dans un éditorial du 12 avril une réflexion pour "envisager" d'améliorer le droit international humanitaire (DIH) en faveur des civils victimes de conflit. L'article s'appuie sur un drame qui c'est déroulé en Afghanistan en février 2010 où, dans le cadre d'une série de négligences, plusieurs douzaines de civils ont été abattues, confondus avec des militants islamiques. Il existe en droit international humanitaire un principe fondamental, celui de la distinction entre les combattants et les non combattants, un principe souvent mis à mal et peut-être aujourd'hui sujet à des dérives plus grandes ?

jeudi 3 mars 2011

Libye et droit d'ingérence humanitaire?


Au quinzième jour d’un mouvement de contestation historique en Lybie, de nombreux rapports font état d'une situation alarmante dans le pays, et les victimes se conteraient par milliers. A ces très nombreux morts et blessés s'ajoute un important flux de réfugiés aux frontières de la Tunisie et de l'Egypte. De nombreux articles parlent de "catastrophe humanitaire". Si on peut s'interroger sur la proportionnalité de cette description aux vues des besoins effectifs des populations sur place, on relève la continuité d'un phénomène intéressant, celui de l'utilisation du qualificatif humanitaire à d'autres fins que celles de la description.  Il est intéressant de constater ici que l'usage de ce qualificatif, autrefois utilisé pour en éviter d'autres juridiquement contraignants 1, ne se fait pas au détriment du droit. Le procureur de la cour pénale internationale ayant annoncé l'ouverture d'une enquête pour crime contre l'humanité visant Mouammar Kadhafi et plusieurs responsables lybiens. Il est en revanche toujours aussi inquiétant de constater l'utilisation de l'adjectif "humanitaire"pour faire appel à une intervention armée. 

dimanche 13 février 2011

Médecins Sans Frontières-WikiLeaks : mêmes méthodes, même combat ?


Voici la question qui ouvrait la réflexion de Jean-Christophe Ruffin, 
dans le journal Le Monde 1, sous le titre Wikileaks ou la troisième révolte. Pour lui, il existe une parenté, voir une filiation entre les deux démarches, "si les méthodes sont nouvelles, les motivations, elles, restent classiques et placent cette nouvelle forme d'action dans la continuité de l'histoire de la révolte citoyenne, commencée quarante ans plus tôt..." 

Il englobe en effet, et c'est l'objet de sa réflexion, l'ensemble des mouvements citoyens, de Médecins Sans Frontières à Attac, en passant par Greenpeace, qu'il tente de classifier, et qui composent, pour lui, l'évolution d'une histoire, unique des "contestations citoyennes". Une hypothèse originale.