"Vous voulez les pauvres secourus - je veux la misère abolie"
Victor HUGO.

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samedi 21 août 2010

Sans commentaire, ou presque.

Le 19 août dernier se tenait la deuxième journée de l'humanitaire - une initiative baptisée "2010 world humanitarian day project" et organisée depuis 2008 par l'Office de Coordination des Affaires Humanitaires des Nations unies (OCHA). A cette occasion a été créé une petite vidéo de 4 mins 20, tournée en 9 semaines dans plus de 40 pays, et que certains d'entre vous ont peut-être aperçue sur le site ReliefWeb qui en a largement fait le promotion.  


Humanité, neutralité, impartialité, indépendance les quatre mots d'ordre d'OCHA, auxquelles on pourrait rajouter avec cette vidéo "Diversité" se félicitait à cette occasion un blogeur sympathisant du milieu humanitaire. Diversité, c'est le moins qu'on puisse dire! Comment ne pas s'étonner devant ce mélange des genres où toutes les bonnes intentions viennent se confondre. On ne s'étonne plus de l'association entre action humanitaire et promotion des droits humain... On pourrait, à minima, se demander dans quelle mesure les scientifiques travaillant aux pôles, ou les spécialistes de la lutte anti-bactériologique dans leurs combinaisons futuristes, sont des travailleurs humanitaires. On comprendra que l'humanitaire se veuille universel, rares sont tout de même les actions conduites par des plongeurs professionnels... 

On peut comprendre que certains souhaitent rendre hommage aux "travailleurs humanitaires". Attention tout de même à ne pas venir trop glorifier une activité qui, comme les autres, génère des problèmes et fait face à des contradictions. L'humanitaire n'est pas faites que des bonnes intentions et toutes les bonnes actions ne sont pas de l'humanitaire.      

mercredi 18 août 2010

Pakistan, la catastrophe du siècle ?


Si le traitement médiatique des inondations au Pakistan s'intensifie encore, et même si les superlatifs ne manquent pas ces derniers jours pour décrire la catastrophe, les écris et les analyses sur le sujet restent toutefois peu nombreux. La polémique pourtant est venue, une fois n'est pas coutume, du coté de chez MSF. Alors que les questionnements et réflexions se portent sur le peu de mobilisation des français pour cette crise¹, Rony Brauman, l'ancien président de Médecins Sans Frontières, déclarait lui, lundi 17 août, dans France Soir, que parler de "catastrophe du siècle" au Pakistan est "stupide" et il regrette cette surenchère permanente de catastrophisme. Je vous propose de lire son argumentaire

lundi 26 avril 2010

La neutralité vole sur un nid de coucous


Le Monde et le journal LePoint se faisaient l'écho de l'apparition, le 20 avril, d'un nouvel outil au service de l'action humanitaire. "Un site internet pour lutter contre les liaisons dangereuses entre trafiquants et humanitaires". Il s'agit là d'une initiative du Sipri (lʼinstitut international de recherche sur la paix de Stockholm), appelée Eticalcargo suite à un rapport de Hugh Griffiths publié en mai de l'année dernière sur le trafic des armes légères grâce à certaines compagnies aériennes. L'avenir nous dira, peut-être, dans quelle mesure les ONG "consommatrices" peuvent influencer leurs "fournisseurs" aériens, reste tout de même que le problème semble posé à l'envers sans que cela n'étonne les deux quotidiens. Il est évident que les organisations humanitaires partagent et véhiculent des idéaux incompatibles avec ceux des trafiquants. Néanmoins ce n'est pas - pour une grande partie d'entre elles - leur objectif, ni même leur mandat, que de lutter contre ces trafics. 
Le Monde nous rappelle la "bénédiction" que les autorités françaises apportent à cette initiative, chargeant par la même les ONG d'une mission qui relève surtout des autorités policières. Rappelons, avant d'aller plus loin, que les autorités françaises n'avaient pas manqué, à une autre époque, d'apporter leur assistance au mouvement de libération Biafrais en chargeant des armes et des mercenaires dans les avions de la Croix-Rouge Française*.
Car en effet, Olivier Truc, l'auteur de cet article du Monde ne semble pas avoir compris les intérêts qui relèvent d'une recherche de Neutralité. C'est certain les ONG vont éviter, quand elles le pourront, ces "liaisons dangereuses avec les trafiquants" et peut-être cet outil y contribuera t-il; Mais il ne s'agira pas tant de lutter contre ces trafiquants que de chercher à s'affranchir de relation avec les milieux armés, quels qu'ils soient! J'en conviens, toutes les ONG ne s'inscrivent pas encore dans cette démarche - je vous recommande à ce sujet l'excellent texte de Fabrice Weissman sur les relations OTAN/ONG - Néanmoins  la question des "liaisons dangereuses" va plus loin que celle des trafiquants et la confusion entre les acteurs humanitaires et ceux du maintien de la paix ne doit pas être entretenue à cette occasion comme le fait le Sipri dans sa présentation

* Voir l'interview du Colonel Benjamin Adelunke dans - Le Monde du  9 septembre 1969.   

mercredi 14 avril 2010

Actualité


Le site d'informations anglais de la BBC et la radio Française RFI annonçaient hier, 13 avril 2010, l'enlèvement de huit employés du CICR. Les organisations internationales et non-gouvernementales communiquent en général très peu sur ce genre d'événements, le traitement médiatique d'un enlèvement étant très souvent une contrainte pour le processus de négociation. 
Pour exemple, et sans retirer au mérite de 'Médecins sans Frontières' pour la façon dont elle à conduit les pourparlers suite à l'enlèvement de deux de ses employées à Port-au-prince le 5 mars 2010, ni à sa très bonne réputation en Haïti, c'est en grande partie grâce au silence médiatique qui à entouré cette affaire que les deux jeunes femmes avaient été libérées rapidement.   
  
Toutefois le site internet du CICR fait, hasard du calendrier,  depuis quelques jours, sa une sur un entretient très intéressant de Dominik Stillhart intitulé: "Entre guerre et criminalité : l'assistance humanitaire dans les contextes à haut risque" dans lequel le directeur adjoint du comité rappel la neutralité de l'organisation comme un principe essentiel à la sécurité de ses employés. En ne prenant fait et cause pour aucun partie et en travaillant sur l'acceptation du CICR part tous les belligérants, le CICR assure sa sécurité. 

La recherche de la neutralité et de l'indépendance par le CICR pour assurer la sécurité de ses équipes est une stratégie qui semble avoir fait ses preuves. On s'interrogera cependant sur le rôle des sociétés nationales de la Croix-Rouge, qui elle, loin d'être indépendantes, sont souvent auxiliaires publiques des Etats où elles opèrent (c'est notamment le cas en France où la nomination de son président dépend du cabinet de la présidence de la république). Par ailleurs, cet enlèvement comme les quelques cas où le CICR à du retirer ses employés internationaux des terrains de conflits, rappellent que malheureusement les organisations humanitaires ne sont pas neutres simplement en déclarant qu'elles le sont et qu'il est nécessaire de réaliser un important travail de communication pour que chacune des parties sur le terrains identifie qui est le CICR parmi la multitude d'ONG et autres acteurs parfois partiaux qui sont déployés sur le terrain. Ils soulignent qu'on ne contrôle pas la perception qu'ont les interlocuteur qui travaillent avec nous. Mais il est, à l'inverse, naïf de penser que tout les enlèvement de personnel international humanitaire soit le résultat d'une mauvais communication ou d'une mauvaise compréhension des belligérants. Les populations sur place sont parfois très informés sur les différents acteurs de l'aide internationale, il  et c'est aussi parce que ce personnel international peut représenter un enjeu stratégique, médiatique ou économique qu'il est visé.